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Le magazine d’art français « HEY! Modern Art & Pop Culture » publie un livre d’art inspiré par la Charte de la Terre

book smallHEY! – 4 DEGRÉS ART, est un nouveau livre d’art inspiré par la Charte de la Terre et développé par Anne & Julien et Zoé Forget et qui regroupe 102 artistes de 20 pays. Le livre, publié par les éditions Ankama/619, compte avec la Préface et le Postface du scientifique français Jean Claude Ameisen.

Alarmée par l’ampleur des défis contemporains et la dégradation écologique, Anne & Julien, fondateurs et rédacteurs en chef du magazine d’art Hey! Mordern Art & Pop Culture et Zoé Forget, responsable du service de photographie pour la revue d’art, ont décidé de s’engager dans ce nouveau projet de diffusion de la Charte de la Terre à travers leur travail dans le domaine de l’art (peinture, sculpture, dessin). Dans ce contexte, ils ont invité les artistes à réfléchir et à répondre à certaines questions qui ressortent du texte de la Charte de la Terre.

 

Vous pouvez trouver plus dans les liens suivants:
Http://www.heyheyhey.fr/fr/billets/4-degrees-art-new-special-issue

Http://www.ankama-shop.com/fr/home/837-hey-4-degrees-art.html

Voici un texte des auteurs:

Explorer la langue des arts
Par Anne & Julien et Zoé Forget

Photo 4En trente ans, l’observation de l’influence des contre-cultures pop et de l’art en marge sur la marche du monde concentre notre énergie ; elle nous a conduits à bâtir HEY! modern art & pop culture en 2010, un projet artistique en rotation sur trois axes : une revue d’art et des expositions du même nom, des spectacles/performances (HEY! La Cie) – soit trois voies pour une exploration de la culture pop hors-norme dans toute sa complexité. En tant qu’individus, cette initiative autonome nous a permis d’affirmer une vision artistique (le retour du figuratif dans le champ de l’art contemporain) en servant la multiplicité des pratiques qui la nourrissent ; le panorama d’œuvres et d’artistes présentés dans la revue est le plus souvent ignoré des radars académiques de la critique d’art, et met à distance d’une culture hégémonique, industrielle, commerciale, construite dans le but de divertir. Basculer de la sensibilisation à l’implication en reliant l’action locale aux conséquences globales : voilà le périmètre militant que nous nous sommes accordé – HEY! fédère aujourd’hui un large réseau d’artistes dans le monde.

Photo 1Aujourd’hui, quantité d’informations alarmant sur les problèmes environnementaux parviennent au public – dont nous sommes. Il y a un an, nous avons décidé, en tant que citoyens ordinaires, qu’il n’était plus tenable de ne pas réagir devant la situation dans laquelle l’homme (nous) avons plongé la planète. Mais comment positionner HEY! face à l’étendue complexe des problématiques environnementales, tandis que notre seule arme reste l’art ? Ce questionnement a mobilisé nos recherches jusqu’à nous mener à la découverte de La Charte de la Terre. Le caractère humaniste de cette déclaration, ses perspectives participatives et son accessibilité ont nourri notre décision : La Charte de la Terre est devenue le catalyseur de notre ivre HEY! 4 DEGREES ART.

Photo 3L’ensemble des artistes publiés dans notre revue occupent des territoires irrigués de fondamentaux, références, filiations et zones transversales d’influence d’où naît une cartographie de connivences. HEY! constitue dans cette forêt une sorte de « guide » proposant d’estimer autrement, et au-delà des classifications classiques, une diversité stylistique qui dialogue. Inclus dans les larges perspectives art & environnement, l’espace esthétique partagé dans ce hors-série n’est pas défini par la grammaire de l’éco art ou de l’art environnemental. Commentant de façon systématique l’imaginaire en tant que valeur refuge, ces artistes discourent tous sur un mode figuratif, face à un art contemporain dominé par un travail d’installations et/ou d’œuvres conceptuelles. Il est intéressant de constater qu’est volontiers associé aux gestes artistiques issus de l’héritage conceptuel et performatif des années 60 et/ou de l’art vidéo un contenu politique et/ou social; une sorte de « milieu naturel » en somme, où la dénonciation/revendication/contestation sont de fait légitimées. Dans ce contexte, la peinture figurative du XXIe siècle n’a pas encore été observée en tant que territoire visionnaire et/ou lanceur d’alerte, cependant qu’est imprimée, dans la fibre de son énergie créatrice, la préoccupation environnementale comme principe sous-tendu ou actif.

Photo 2Nous avons donc convenu de poser onze questions rédigées sur la base des pistes de réflexions de La Charte de la Terre, à nombre d’artistes déjà publiés par la revue. Ils ne sont ni des « éco peintres » ni des « éco warriors » ni des écologistes utilisant l’art pour coaguler leur pensée. Avec nous réunis autour d’une variation de points de vue et de traitements, tous soucieux et bousculés par l’état du monde, profondément dérangés par le traitement auquel est soumise notre planète, ils ont saisi une possibilité de s’exprimer, outre leur médium de prédilection, en tant qu’artiste et citoyen de la Terre, à l’heure où il est plus commun de voir un artiste ne produisant exclusivement que pour fournir une œuvre à un marché dédié.

Texte de Anne & Julien, HEY!

 


Un ouvrage dirigé par:

Anne & Julien : Au fil des années et en presque 30 ans d’activité, le commissariat d’Anne & Julien est reconnu pour son habilité à dévoiler de nouveaux talents et ouvrir des champs d’exploration ignorés jusque-là. Spécialistes des arts en marge et outsider pop, ils travaillent sur deux axes déjà spécifiés en 1990 à l’occasion de l’ouverture de leur galerie d’art L’Hydre de L’Art, Paris. En lien avec les préoccupations et intérêts du temps présent, ils font ré émerger des mondes oubliés, choisissant des thématiques et œuvres qui tendent à rendre visible une avant-garde ; et décryptent des sujets pointus offrant une alternative à la vision d’une culture unilatérale normative. Vision- naires quant à l’influence des contre-cultures pop et de l’art en marge sur la marche du monde, le duo Anne & Julien est à l’origine de plusieurs expositions majeures et désormais historiques en France (Miyazaki vs Moebius, musée de la Monnaie de Paris – 2004/2005 // Tatoueurs, Tatoués, musée du quai Branly, Paris – 2014/2015). Entre temps, ils ont mis en place trois expositions fondatrices d’outsider pop et art figuratif pop : HEY! modern art & pop culture au musée de la Halle St Pierre, Paris (2011 – 2013 – 2015), les premières du genre en Europe et en musée, du nom de la revue éponyme créée en mars 2010 (25 numéros à ce jour en librairie). Sur papier comme sur cimaises, Anne & Julien ont démontré leur capacité à ouvrir des champs d’exploration ignorés jusque-là, fran- chissant des frontières qui ont par la suite démontré leur virtualité.

Zoé Forget est photographe, diplômée de l’ENS Louis Lumière (Paris), et docteur en esthétique, sciences et tech- nologies des arts. Le corps, comme sujet marginal, lieu politique et expression d’anti-normes tant visuelles que sociales, est au coeur de ses travaux photographiques et théoriques – sa thèse, publiée en 2015 chez L’Harmattan, portait sur la représentation des corps hors normes dans la photographie contemporaine. Tournée vers le travail en studio et de mise en scène, Zoé Forget a produit huit photographies pour l’exposition «Tatoueurs, tatoués» au musée du quai Branly (Paris), présentées dans la dernière salle – le cabinet photo-graphique. Cette série sera également présentée au Royal Ontario Museum (Toronto) dans le cadre de l’exposition «Tattoos: Ritual. Identity. Obsession. Art.» à partir d’avril 2016. Zoé Forget est directrice photo au sein de la rédaction HEY! depuis le n° 8 (septembre 2011), photographe officielle de HEY! La CIE, co-auteur de HEY! TATTOO avec Anne & Julien et pilote des projets à leur côté depuis 2014.

 Préface et Postface par Jean-Claude Ameisen :

Médecin et chercheur, professeur d’immunologie à l’université Paris Diderot, ses recherches concernent l’origine des phénomènes d’autodestruction cellulaire au cours de l’évolution du vivant et le rôle de la «mort cellulaire programmée» dans le développement des maladies. Engagé dans la réflexion éthique, il a été nommé, en no- vembre 2012, président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), il a présidé le Comité d’éthique et scien- tifique de la Fondation internationale de la recherche appliquée sur le handicap (FIRAH) et le Comité d’éthique de l’Inserm. Impliqué dans le développement des relations entre science, culture et société, il est directeur du Centre d’études du vivant (Institut des Humanités de Paris – Université Paris Diderot), membre du Conseil scien- tifique du Collège international de Philosophie, et auteur de nombreux ouvrages scientifiques. Depuis 2010, il est l’auteur de l’émission Sur les épaules de Darwin (France Inter). Les sujets abordent l’oeuvre de Charles Darwin et des travaux scientifiques parmi les plus récents, mis en résonance avec la littérature, la philosophie, l’éthique, la poésie, l’art. Le Grand Prix des Médias 2013 de CB News a décerné le Prix de la meilleure émission de radio à Sur les épaules de Darwin.