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Rapport UNESCO Repenser l’Education, vers un bien commun mondial

Les changements de plus en plus complexes et interconnectés du 21ème siècle s’accompagnent de nouveaux défis pour les systèmes éducatifs à travers le monde. Le dialogue sur les politiques fondé sur des données factuelles et la recherche prospective sont essentiels pour renforcer la capacité collective à préparer l’avenir de l’apprentissage dans un environnement global en mutation. Alors que nous renforçons nos efforts afin d’atteindre les objectifs d’éducation et de développement à l’échelle internationale d’ici 2015, il est aussi essentiel de regarder en avant. Il est nécessaire de redéfinir les principes fondamentaux qui peuvent orienter les politiques et les pratiques pour l’avenir de l’apprentissage dans un monde en mutation.

Jamais il n’a été plus urgent de repenser l’objet de l’éducation et l’organisation de l’apprentissage.  Les résultats des travaux du Groupe d’experts de haut niveau créé par la Directrice générale de l’UNESCO pour repenser l’éducation dans un monde en mutation sont maintenant achevés. Ainsi, un nouveau rapport de l’UNESCO renforce l’éducation en tant que droit humain et bien public et appelle à une approche humaniste de l’éducation.

La publication intitulée « Repenser l’éducation : Vers un bien commun mondial ?» était disponible en français, en anglais, en arabe et en espagnol à l’occasion du Forum Mondial sur l’Education, lors des 19, 20, 21 et 22 mai 2015 à Acheon, en Corée du Sud.  Le rapport  « Repenser l’éducation: Vers un bien commun mondial ? » reconnaît qu’il est indispensable à présent de repenser la finalité et l’organisation de l’éducation « dans un monde de plus en plus complexe, incertain et contradictoire ». Résultante des travaux du Groupe d’experts de haut niveau créé par la Directrice générale de l’UNESCO, auquel appartient le Secrétaire général de l’Internationale de l’Education Fred van Leeuwen, cette dernière publication fait suite au novateur « Rapport Delors », « L’éducation: un trésor est caché dedans ».

Appelant au dialogue, cette nouvelle publication de l’UNESCO s’inspire d’une vision humaniste de l’éducation et du développement, fondée sur le respect de la vie et de la dignité humaine, l’égalité des droits, la justice sociale, la diversité culturelle, la solidarité internationale et le partage des responsabilités en vue d’un avenir durable. Elle propose que nous considérions l’éducation et le savoir comme des biens communs mondiaux, dans le but de concilier l’objet et l’organisation de l’éducation dans le cadre d’une entreprise sociétale collective dans un monde complexe.

Repenser l’éducation a pour principal objectif de susciter un débat de politique public à propos de l’objet de l’éducation et de l’organisation de l’apprentissage dans un monde de plus en plus complexe, incertain et contradictoire.

Lors du  Forum Mondial sur l’Education de Mai 2015, la Déclaration sur l’avenir de l’éducation fut adoptée, vision de l’éducation pour les 15 prochaines années.
La Déclaration d’Incheon a été saluée par la communauté éducative internationale présente sur place, qui comptait notamment des ministres de plus de 100 pays, des organisations non-gouvernementales et des groupes de jeunes. Elle encourage les pays à assurer une éducation équitable, inclusive et de qualité et un apprentissage tout au long de la vie pour tous. La Déclaration appuie les cibles fixées en matière d’éducation qui figureront parmi les Objectifs de développement durable, ratifiés par les Nations Unies en septembre prochain.

« Cette Déclaration représente un grand pas en avant », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova. « Elle reflète notre détermination à faire en sorte que tous les enfants et tous les jeunes acquièrent les connaissances et les compétences nécessaires pour vivre dignement, pour développer leur potentiel et devenir des citoyens mondiaux responsables. Elle encourage les gouvernements à fournir des opportunités d’apprentissage tout au long de la vie afin de permettre aux personnes qui le souhaitent de continuer à se développer. Elle affirme que l’éducation est vitale à la paix mondiale et au développement durable. »

La Déclaration d’Incheon s’appuie sur le mouvement international de l’Éducation pour tous (EPT), initié à Jomtien, en Thaïlande, en 1990 et réitéré à Dakar, au Sénégal, en 2000. L’EPT – et l’Objectif du Millénaire pour le développement fixé en matière d’éducation – ont permis des avancées significatives, mais bon nombre de cibles, comme l’accès universel à l’enseignement primaire, n’ont toujours pas été atteintes.

« Si cette génération d’enfants compte un jour réduire les inégalités et les injustices qui touchent le monde aujourd’hui, nous devons donner à chacun de nos enfants une chance d’apprendre. Cela doit être notre vision et notre engagement communs », a plaidé le Directeur exécutif de l’UNICEF, Anthony Lake.

La Déclaration d’Incheon sera mise en œuvre à travers le Cadre d’action Éducation 2030, une feuille de route destinée aux gouvernements et qu’ils adopteront d’ici la fin de l’année. Elle fournira des orientations sur les cadres juridiques et politiques efficaces en matière d’éducation, fondés sur les principes de responsabilité, de transparence et de gouvernance participative.
Sa mise en œuvre nécessitera une coordination régionale, ainsi qu’une évaluation et un suivi rigoureux de l’agenda pour l’éducation. Elle nécessitera également davantage de financement, notamment pour les pays les plus éloignés de l’objectif d’une éducation inclusive et de qualité. La Déclaration et le Cadre inciteront les pays à fixer des objectifs de dépense appropriés au niveau national, et à augmenter l’Aide publique au développement à destination des pays à faible revenu.

 « Nous sommes  tous d’accord pour dire que chaque élève a le droit à une éducation gratuite, publique et de qualité, » a affirmé Susan Hopgood, Présidente de l’Internationale de l’éducation – une organisation représentant plus de 30 millions d’enseignants et de travailleurs de l’éducation dans le monde. « Cependant, pour atteindre n’importe quel objectif en matière d’éducation, nous devons garantir aux élèves de chaque classe un enseignant bien formé, qualifié, motivé et soutenu. Fournir une éducation de qualité pour tous nécessitera une réforme des systèmes éducatifs. Afin de mettre en œuvre le Cadre d’action Éducation 2030 et d’améliorer la qualité de l’éducation, il est indispensable de transformer les systèmes éducatifs en systèmes favorables à une culture ouverte et collaborative. »

Mai 2015,
Earth Charter International. 

Source : www.unesco.org