Actualités Archives - Earth Charter

La Charte de la Terre en action chez World of Walas

Août 2018 fut un mois particulier pour World of Walas aux Pays-Bas. Leur parc solaire CarbonBlue a été officiellement inauguré. Ce projet est un exemple de la mise en pratique des valeurs de la Charte de la Terre au sein du secteur privé. En lisant cet article, vous reconnaitrez les principes de la Charte de la Terre sur la protection écologique, l’éradication de la pauvreté et le développement économique équitable.
L’entreprise internationale World of Walas, s’intéresse au développement urbain soutenable en s’appuyant sur les valeurs et les principes de la Charte de la Terre. Son directeur Gerben van Straaten, ami et fervent soutien de la Charte de la Terre depuis son lancement en 2000, est aussi l’auteur du Manifeste Urbain de la Charte de la Terre.

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L’équipe de Walas était soucieuse de sa consommation électrique pour le complexe Carbon6, un de leurs projets dans la ville d’Heelen, aux Pays-Bas. Ils ont profité du vaste parking pour développer le projet CarbonBlue Urban Solar et ont ainsi trouvé une solution pour réduire leur facture d’électricité et leur dépendance au réseau, tout en offrant une transition vers une production d’énergie verte.
Le parking sera utilisé par la communauté locale et répondra à la demande des voyageurs qui fréquentent la station de train la plus proche. Alors que cet espace de parking ne pouvait être réduit, les panneaux solaires apposés sur son toit permettent d’optimiser l’espace utilisé et produisent de la lumière, capturent l’eau de pluie, nettoient l’eau et l’air des environs, créent des emplois (des emplois pour les personnes dans le besoin ou qui ont des contraintes professionnelles) et offrent un refuge vert pour la communauté.

parkeerdek-CarbonBlue-Carbon6-en-Dudoc-Parkstad-waar-innovatie-samenkomt-960x480Le parc solaire CarbonBlue fournira de l’énergie solaire (avec une production estimée à 900 000 kWh chaque année) pour le bâtiment, mais aussi via des stations de recharge, pour les véhicules électriques, répondant à 35% de la demande en énergie du complexe Carbon6.
L’investissement total de 2.7 millions d’euros sera rentable à partir de 6 années d’utilisation, et permettra d’insérer un autre projet de lave-auto et stockage d’énergie pour finaliser le projet initial. Ce projet est le résultat d’une collaboration étroite entre les Pays-Bas, l’Allemagne, le Nigeria, l’Autriche et le Canada.

 

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Hommage à Ruud Lubbers au nom de l’Initiative de la Charte de la Terre

Commission meeting - LubbersC’est avec un profond sentiment de perte et de tristesse que j’ai appris la mort de Ruud Lubbers. Sa vie est un extraordinaire exemple de loyaux services publics à échelle locale, nationale et internationale. Il était un grand ami, un collègue inspirant et  un leader visionnaire pour toutes les personnes impliquées dans l’Initiative de la Charte de la Terre,

Ruud Lubbers a joué un rôle central en réunissant Maurice Strong et Mikhaïl Gorbatchev en 1993 et 1994, ainsi que dans le lancement de la consultation et le processus de rédaction de la Charte de la Terre comme une initiative de la société civile. Le soutien de la reine Béatrice et le généreux apport financier du gouvernement néerlandais au cours des premières années a été non négligeable, et n’aurait pas été obtenu sans le leadership de Ruud en tant que Premier ministre. C’est le soutien de Ruud et de la Reine qui a permis de célébrer le lancement de la Charte de la Terre au Palais de la Paix à La Haye.

Ruud était l’un des membres les plus actifs de la Commission de la Charte de la Terre et a été profondément impliqué dans le processus de rédaction. Par exemple, il était un fervent défenseur de la démocratie participative, et a insisté pour que le mot « participatives » soit inclus dans le Principe 3. Clairement déterminé à établir des normes éthiques élevées au sein du gouvernement et des entreprises, il a également reconnu l’importance d’inclure les valeurs spirituelles et éthiques universelles dans la Charte de la Terre. Dans ses discours et publications sur la Charte de la Terre, il insistait sur les dimensions spirituelles et éthiques de la vision de la Charte de la Terre.

Après le lancement de la Charte de la Terre en 2000, Ruud a maintenu son engagement à construire le mouvement de la Charte de la Terre et à soutenir et financer le Secrétariat de la Charte de la Terre International à l’Université pour la Paix comme un outil pour promouvoir la vision de la Charte de la Terre dans le monde et appliquer ses principes à tous les niveaux. Il a travaillé pendant de nombreuses années au sein du Conseil International de la Charte de la Terre. C’est grâce au soutien extraordinairement généreux de Ruud et de sa famille que le Secrétariat de la Charte de la Terre a pu construire le Centre de la Charte de la Terre pour l’Éducation au Développement Durable sur le campus de l’Université pour la Paix.

Je me souviendrai toujours de Ruud avec une profonde admiration et gratitude pour son amitié. C’est un privilège d’avoir eu l’opportunité de le rencontrer et de travailler avec lui au cours des deux dernières décennies. Mes profondes condoléances à sa famille dans ce moment de grande perte. Soyons reconnaissants pour la vie de Ruud et pour la profonde préoccupation et l’esprit affectueux qui ont guidé ses nombreux efforts pour aider à construire un monde plus juste, durable et pacifique.

Chaleureusement,

Steven Rockefeller

Ruud Lubbers and friends

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Hommage à M.Ruud Lubbers

Lubbers 4Rudolphus Franciscus Marie « Ruud » Lubbers
7 Mai 1939 – 14 Février 2018

C’est avec une profonde tristesse que je partage avec vous le décès de M. Ruud Lubbers ce 14 février 2018. Il est difficile de lui dire au revoir, car il était quelqu’un de spécial et cher à nos coeurs. Il était un ami et un mentor. Je suis très reconnaissante d’avoir eu l’opportunité de le connaître, et d’avoir tant appris de lui durant nos nombreuses années de travail ensemble.

M. Lubbers était un Commissaire de la Charte de la Terre très actif, et un fervent défenseur de la Charte de la Terre depuis de nombreuses années. Il s’agit là d’une lourde perte pour l’Initiative de la Charte de la Terre et pour le monde. Néanmoins, nous avons de nombreuses raisons de lui être éternellement reconnaissants.

Je me souviendrai toujours de son sens de la liberté et de l’informalité pour parler à tous. Il était particulièrement à l’aise pour exprimer ce qu’il pensait.

M. Lubbers était une voix unique qui a souligné l’importance de l’éthique dans le monde des affaires et la politique. Il était un leader politique qui a embrassé les profondes dimensions éthiques et spirituelles du développement durable. Au cours des dernières années de sa vie publique, dans les discours qu’il a prononcé pendant les réunions de la Charte de la Terre, il a souvent mis l’accent sur l’importance de nourrir notre spiritualité et notre âme. Lors de l’évènement de Charte de la Terre+10 à Ahmedabad, Inde en 2010, il déclarait :

« Nous devons inclure Pneuma / Prana, c’est-à-dire, la spiritualité dans ce que nous faisons et dans la manière dont nous abordons les défis. Nous … nous réalisons maintenant que nous devons nous nourrir de spiritualité … Nous pouvons même commencer à parler de quatre ‘P’s: Personnes, Planète, Profit et Pneuma’. (Pneuma est le mot qui, en grec ancien, signifie « souffle » et dans un contexte religieux « esprit » ou « âme »)

Il a souvent souligné l’importance de comprendre notre responsabilité envers les générations présentes et futures, et d’envisager de nouvelles approches participatives en politique pour faire de l’aspiration à la durabilité une réalité, exigeant de la volonté et des compétences pour s’impliquer, dialoguer et coopérer avec différents secteurs : gouvernement, entreprises et le secteur de la société civile. Je ne peux que me souvenir de sa voix répétant :

« Nous avons besoin d’une gouvernance complémentaire. Nous avons toujours considéré que les politiciens devaient gouverner et gérer les responsabilités et les ressources communes. Pourtant, la nécessité maintenant est d’impliquer la société civile dans la gouvernance », (lors de la Conférence de la Charte de la Terre+10 à Ahmedabad, Inde 2010)

Nous partageons ici avec vous quelques photos, discours et vidéos de lui.

Qu’il repose en paix.

Mirian Vilela
Directrice Exécutive
Charte de la Terre International

Lubbers

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Articles et discours de Ruud Lubbers

Inspiration of Global Governance, Human Rights and the Earth Charter
The Earth Charter to Inspire Governance in Modernity – 2007
Address to the Nobel Peace Prize Centennial Symposium – 2001
A Just, Sustainable and Participatory Society – 1999

Vidéos de Ruud Lubbers

Former PM of the Netherlands, Ruud Lubbers, discusses his involvement in the Earth Charter
Former PM of the Netherlands, Ruud Lubbers, discusses Sustainable Development and Leadership Presentation as UNHCR

 

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Livre sur la Charte de la Terre et Laudato Si’, lancement au Symposium sur l’Ecologie Intégrale

Laudato Si Earth CharterLa Charte de la Terre International a le plaisir de partager sa dernière publication, l’ouvrage : Voix de l’Initiative de la Charte de la Terre en réponse à Laudato Si’

Vous pouvez télécharger cette publication gratuitement via le lien suivant.

Cette publication vise à contribuer à l’appréhension du rapport entre l’Encyclique Laudato Si’ et la Charte de la Terre, et à la compréhension de la proximité entre les deux approches ; c’est pourquoi nous avons compilé une série d’articles rédigés par des écrivains et leaders mondiaux de renom, qui réfléchissent sur et analysent le lien et le sens des propositions éthiques de ces deux documents et les défis qu’ils lancent.

Auteurs: Leonardo Boff, Fritjof Capra, Joe Holland, Elizabeth May, José Matarrita Sánchez, Awraham Soetendorp, Steven C. Rockefeller, Mary Evelyn Tucker et John Grim.

L’organisation du ¨Symposium International d’Ecologie “Laudato Si’, La Protection du Foyer Commun, une conversion nécessaire à l’Ecologie Humaine a fortement incité à la publication de ce livre. Ce Symposium, qui a eu lieu au Costa Rica du 29 novembre au 1er décembre 2017, est l’un des évènements internationaux, académiques et écologiques les plus importants de l’année organisé par le Vatican (Fondation Ratzinger). L’activité a été organisée par l’Université Catholique du Costa Rica avec le soutien de la Fondation Joseph Ratzinger-Benoît XVI, qui organise cet évènement chaque année.

La publication a été partagée, sous forme numérique, avec les plus de 600 participants à ce Symposium. En outre, elle a été présentée à l’une des tables de travail, le vendredi 1er décembre, sous la coordination de Mme Mirian Vilela, Directrice Exécutive de la Charte de la Terre International.

Quelques messages qui se sont démarqués lors du Symposium Laudato Si’

Le Symposium a débuté par des discours officiels, dont celui du Président de la République du Costa Rica, M. Luis Guillermo Solís Rivera. Huit présentations avec des intervenants de premier plan ont suivi (Agenda du Symposium). Voici des extraits de certaines des présentations.

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Cardinal Marc Ouellet, Préfet de la Congrégation pour les Evêques, Président de la Commission Pontificale pour l’Amérique Latine

20171130_101435Pourquoi le Pape François a-t-il écrit l’encyclique “Laudato Si” ? Cette question a été abordée dans la présentation du Cardinal. Selon lui, le Pape a reconnu l’urgence des problèmes d’environnement et de durabilité du “foyer commun” et appelle à un dialogue commun à ce sujet. Cette encyclique ne fait pas de recommandation à l’Église Catholique sur un thème précis, mais invite plutôt toutes et tous ceux qui cherchent des solutions aux défis actuels à participer à ce dialogue (interreligieux) ; cette méthode est inédite pour un Pape. Le Pape François a profité de l’élan politique de 2015, avec le lancement de l’Agenda 2030 et le Sommet Climat à Paris, pour intensifier son appel.

En ce qui concerne le contenu de l’encyclique, le Cardinal Ouellet affirme qu’elle établit un diagnostic de la situation actuelle, non de manière exhaustive mais sur la base des preuves scientifiques disponibles. Le Pape réfléchit aux progrès actuels, dont il dit qu’ils sont pure fiction. D’après lui, l’augmentation rapide du développement et de l’utilisation des technologies est inquiétante, mais le fait que cela ne s’accompagne pas d’une réflexion sur leurs finalités rend difficile la prise de décisions éthiques.

20171201_152910Le Pape François opère également une clarification de la relation de réciprocité, et non de domination, que les êtres humains doivent avoir à l’égard de la nature. Il exprime cela dans les paragraphes 67 à 75. Il invite à un regard sur la création qui encourage la compassion et la communion de tous, tout en étant christologique.

Dans le paragraphe 160, le Pape François met en garde : c’est notre propre dignité et survie qui est en jeu. Dans ce sens, il promeut une conversion écologique qui mise sur une nouvelle forme de vie, une révolution culturelle pour dépasser l’individualisme, qui encourage à la solidarité humaine et à l’émergence d’une communauté universelle qui englobe tous les êtres vivants. Comme le mentionne le Cardinal, la dimension spirituelle de cette conversion écologique implique de jouir des plaisirs simples de la vie, la sobriété, la recherche de rencontres fraternelles et le contact avec la nature (LS 223).

Selon le Cardinal Ouellet, il est audacieux de la part du Pape François que de rendre explicite la connexion entre la Trinité et la création. Chaque personne agit en communion avec les autres et en fonction de la création, donc la création est un don implicite dans l’échange des trois personnes, qui se glorifient mutuellement avec la création.

20171201_090738Il a souligné que la réalisation ultime de la personne humaine invite à se sortir de soi-même pour entrer en communion avec les autres êtres vivants, en se considérant comme serviteur et gardien du foyer commun.

Dr. Tomás Insua, Directeur du Mouvement Catholique du Climat

Il a invité l’audience à s’impliquer dans les actions qui conduisent à cette conversion écologique évoquée par le Pape François. Il a recommandé la plateforme : http://vivelaudatosi.org/ , et l’initiative Mission 2020 lancée par Christiana Figueres.

Il a appelé à considérer la période du 1er septembre au 4 octobre, dit « Temps pour la création » comme un moment pour intensifier la prise de conscience du message de Laudato Si’.

 Mons. Fernando Chica Arellano. Observateur Permanent du Saint-Siège devant la F.A.O, F.I.D.A et P.M.A

Il a mené une réflexion sur les résultats du Rapport de la FAO sur l’état de la sécurité alimentaire 2017, autour de la question “Pourquoi la faim dans le monde augmente-t-elle ? ». Trois causes majeures ont été identifiées :

  • Les conflits armés (aussi bien nationaux qu’internationaux)
  • Les effets du changement climatique
  • Les fractures sociales

L’encyclique Laudato Si’, dont il considère qu’elle est la Somme Écologique de l’Église Catholique, est comme une boussole pour s’orienter face au véritable défi que représentent ces affrontements qui mènent à la famine. Mons. Chica a mis en avant trois mots-clés que l’Encyclique contient :

  1. Tous: puisqu’elle invite tout le monde à participer, parce que nous sommes tous concernés. Le texte de l’encyclique, qui appelle à cela, est comme “le bon vin”, il ne prend pas de l’âge, mais acquiert jeunesse et vivacité.
  2. Urgent: Nous n’avons plus le temps, il faut agir dès maintenant, c’est l’urgence de l’amour, de l’amour social au centre de la vie communautaire.
  3. Ensemble: Il faut travailler de manière collaborative, générer synergies et convergences. Le Chapitre V de l’encyclique évoque le sujet (Dialogue).

Il nous a invité à nous mettre au travail, en adoptant une attitude prévenante, nourrie de ce que Jésus a fait sur la croix.

Rév. Augusto Zampini. Membre du CAFOD et conseiller théologique du nouveau Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral du Saint-Siège.

20171201_104432Selon le Rév. Zampini, un des grands défis auxquels nous nous confrontons consiste à parvenir à un développement inclusif, qui intègre toutes les dimensions humaines. Cette vision s’inscrit dans le concept d’écologie intégrale que présente le Pape François, basé sur un paradigme relationnel qui nous reconnaisse comme des êtres sociaux, en relation avec d’autres êtres et Dieu.

En termes de conversion écologique, nécessaire à un développement inclusif, il est important que des changements s’opèrent dans le cœur des Hommes et au sein des structures sociales et politiques. Transformer des habitudes quotidiennes exige une forte motivation qui vienne du plus profond de nous-mêmes, et cette profondeur est la spiritualité. Lorsque nous nous sentons saturés, nous nous déconnectons, mais à travers d’une spiritualité intégrale, il est possible de se concentrer, de vivre en paix et libérés, orientés vers l’action. Le Rév. Zampini a également recommandé de lire l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium et le document d’Aparecida – V Conférence Générale du Conseil Épiscopal Latinoaméricain et des Caraïbes (CELAM).

Que peut apporter la spiritualité chrétienne? Un aspect consiste à ne pas placer l’être humain au centre de la création, puisque cela est associé au paradigme du contrôle. Il faut plutôt revenir aux bases, vers un éco-centrisme, vers une éthique du soin, en utilisant une vision iconique (des symboles), qui nous conduise à une contemplation et à une célébration qui nous rapproche de la nature. Les rituels de l’Église peuvent permettre de réaffirmer le bien commun et notre interconnexion, car ils impliquent une expérience partagée du temps, où les humains se découvrent en profondeur et en relation à autrui. De plus, ils relient l’humain au ciel et à la terre. Il est important que toutes les paroisses rafraîchissent l’idée que le pain de la vie est issu des fruits de la terre et du travail de l’Homme, et qu’il est donc primordial d’en prendre soin.

IMG_2044Bien qu’il ne fasse pas référence explicitement à la Charte de la Terre, il a précisé que la spiritualité chrétienne encourage les individus à être plus, et non pas à avoir plus, comme l’exprime la Charte. En plus, cette spiritualité vise la sobriété, qui doit nous aider à nous éloigner de l’utilitarisme.

Les deux dernières présentations du 30 novembre ont porté sur les instruments de mesure ou d’évaluation du progrès social et de la durabilité. M. Michael Green, Directeur Exécutif du Social Progress Imperative a présenté le rapport sur le Progrès Social par pays de l’année 2017 : https://www.socialprogressindex.com/

Quant à M. Roberto Artavia Loría, il a présenté un outil d’évaluation pour mesurer la mise en œuvre de l’Encyclique Laudato Si’ dans les différents pays. Celui-ci sera utilisé par l’Observatoire Laudato Si’, qui impulse et coordonne l’Université Catholique du Costa Rica.

Federico Lombardi S.J. Président de la Fondation Vaticane Joseph Ratzinger-Benoît XVI

Il s’est chargé de la présentation qui était dans le programme du Cardinal Giuseppe Versaldi, à propos de l’écologie intégrale au centre de l’éducation catholique. Il a mentionné l’importance de renouveler nos cœurs pour le changement. Il a mis l’accent sur le fait que la pédagogie de Jésus doit être au centre de l’éducation catholique, à l’image du serviteur, entre humilité et réconciliation. Jésus était en contact étroit avec la nature, avec son environnement et la vie quotidienne des gens, c’est pourquoi il a trouvé des paraboles proches du contexte des peuples pour porter son message.

La notion d’interdépendance avec tout est ce que Dieu demande, et cette notion devrait être présente dans les programmes d’éducation intégrale liés à l’encyclique Laudato Si’, dont l’approche devrait générer une résistance à l’avancée du paradigme technocratique. Il a affirmé la nécessité d’une nouvelle éducation qui mène à une régénération et à un dialogue pour prendre soin de la nature et se rapprocher des pauvres.

Il a appelé toute la communauté chrétienne à s’impliquer dans cette éducation, en particulier dans les écoles, pour qu’il soit plus facile que les jeunes atteignent une conscience intégrale et pratiquent la charité. Dans les établissements d’Éducation Supérieure, il ne suffit pas de transmettre l’information, mais de s’approcher de la vérité, à travers un dialogue interdisciplinaire, au sein duquel le potentiel éducationnel de la nature est mis en avant. Il a invité les Universités Catholiques à inclure la dimension éthique dans leurs programmes d’études, pour faire connaître l’encyclique Laudato Si’, en plus d’étudier les problèmes et la situation actuelle dans leurs contextes, en fournissant un guide éthique.

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Fr. Josafá Carlos de Siqueira S.J.  Président de l’Université Pontificale Catholique de Rio de Janeiro

Il a appelé les universités à aller vers un travail interdisciplinaire doté d’une vision systémique, en s’attachant à générer un dialogue des savoirs à la lumière de Laudato Si’.  Il a mentionné l’importance de rompre avec la vision anthropocentrique, et encourage les initiatives locales qui cherchent à mettre en pratique l’interdisciplinarité, en vue d’être les gardiennes et les protectrices du foyer commun. Il nous invite à tous nous considérer comme de « modestes jardiniers » (et jardinières).

Fr. Josafá a présenté le cas spécifique de l’Agenda environnemental institutionnel de la PUC de Rio de Janeiro, où de nombreuses actions en lien avec la gestion environnementale de l’établissement ont été mises en place, et où, en plus, a été créé un centre interdisciplinaire d’environnement, qui coordonne les efforts interdisciplinaires de recherche.

À la fin des présentations, se sont tenues des Tables de Travail, au cours desquelles tous les participants ont été divisés en 6 groupes, qui abordaient différents thèmes et questions de réflexion. Les tables commençaient par une courte présentation en lien avec le sujet abordé, et travaillaient ensuite à générer des apports pour certaines des questions de réflexion. Le travail en groupe a permis d’obtenir des résultats pour l’Observatoire Laudato Si’. Les tables de travail ont abordé les thèmes suivants :

  • La relation étroite entre les pauvres et la fragilité de la planète : satisfaction des besoins de base et culture du rejet
  • La conviction que tout dans le monde est connecté : l’équilibre environnemental et la mobilité sociale.
  • La critique du nouveau paradigme et des formes de pouvoir dérivées de la technologie : impact de la gestion environnementale pour l’être humain et notre foyer commun
  • L’invitation à chercher d’autres façons d’appréhender l’économie et le progrès, ainsi que la responsabilité critique de la politique locale et internationale.
  • La valeur intrinsèque de chaque être vivant et le sens humain de l’écologie : exercice des droits et de la liberté.

 

20171201_152943Mirian Vilela, Directrice Exécutive de la Charte de la Terre International, a participé à la table 4, avec une présentation au cours de laquelle elle met en relation les politiques internationales des Nations Unies et d’autres initiatives similaires ou en lien avec Laudato Si´, comme la Charte de la Terre ; elle a invité la communauté catholique à construire des ponts entre Laudato Si´ et d’autres travaux. Au cours du dialogue, elle a mis l’accent sur l’importance de l’éducation aux valeurs éthiques et d’une articulation et application plus effectives des politiques et des lois.

Le travail et les apports de ces tables thématiques ont été présentés en assemblée plénière, et la Conférence s‘est terminée avec une présentation de M. René Castro, Sous-directeur de la FAO, au cours de laquelle il a évoqué l’urgence d’aborder le changement climatique, en utilisant des exemples d’efforts de reforestation et d’entretien des sols. Il a indiqué que son plus grand apprentissage, en participant à cette conférence, a été de visualiser l’importance de la spiritualité à l’heure d’aborder les grands défis de l’humanité. M. Fernando Felipe Sánchez, Recteur de l’Université Catholique du Costa Rica et le P. Federico Lombardi ont prononcé les derniers mots, reconnaissant la transcendance de cet évènement et l’importance pour la communauté catholique (y compris les entités éducatives) de continuer de travailler en collaboration pour la conversion à l’écologie intégrale, comme suggéré dans l’encyclique Laudato Si´.

 

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Quand, Sinon Maintenant? – Une réflexion de Donald Smith, directeur du Festival international écossais de la narration

 

QUAND, SINON MAINTENANT ?

Une réflexion de Donald Smith, directeur du Festival international écossais de la narration

*Traduit par Amandine Pieux

Donald Smith

L’imagination est-elle à même de changer le monde ? Cette question était au cœur de la nouvelle édition du Festival international écossais de narration (storytelling), « Mot ouvert-Monde ouvert ». Bien sûr, la réponse est « oui, mais pas à elle seule ». Pourtant, l’imagination peut bel et bien changer notre façon de voir les choses et ouvrir la voie à l’action.

Cette année, dans le cadre du 70ème anniversaire d’Édimbourg en tant que ville-festival, les conteurs ont choisi de soutenir l’Initiative Charte de la Terre. La Charte de la Terre énonce des principes et des valeurs qui sont primordiaux si l’humanité veut s’assurer un avenir sur cette planète. Rédigée dans les années 1980, elle a été progressivement adoptée par des organisations bénévoles, des ONG et des gouvernements du monde entier.

Sans surprise, la Charte met l’accent sur l’écologie, la justice sociale, la résolution des conflits et l’éducation. Mais surtout, elle répond à la nécessité de mettre fin à notre aliénation face aux autres éléments de la nature, et de se rendre compte de la connexion qui existe entre nous et d’autres formes de vie. Comme l’affirme la Charte, la Terre est avant tout « Notre Foyer ».

L’humanité fait partie d’un vaste univers en évolution. La Terre, notre foyer, est vivante et abrite une communauté unique d’êtres vivants. Les forces de la nature font de l’existence une aventure exigeante et incertaine, mais la Terre a fourni les conditions essentielles à l’évolution de la vie.

La crise que connaît l’humanité aujourd’hui n’est pas tant due au rôle que nous jouons dans la nature, qu’à notre déconnexion de celle-ci, qu’à notre exploitation des autres éléments de l’existence en tant qu’outils spécialement conçus pour nous, dont on n’hésite pas à se débarrasser, ou même que l’on détruit, quand ils ne nous sont plus utiles. Cette profonde aliénation de la vie est affaire d’imagination et d’émotion. C’est notre apathie, notre manque de sentiment d’appartenance à la « communauté de la vie », qui détruit la planète, et nous-mêmes par la même occasion.

Pourtant, nous faisons partie de la nature au même titre que la nature est en nous. Le réseau de la vie est inclusif et interconnecté. Les conteurs ont tissé leurs toiles narratives à partir de ces relations et de ces modèles depuis des millénaires. Les histoires génèrent la compréhension et engagent les cœurs aussi bien que les esprits. C’est pourquoi le Festival de narration a réuni des conteurs dans une Assemblée mondiale, afin de réfléchir à ce qu’ils peuvent apporter à la Charte de la Terre. Cette discussion pourrait façonner leur art et leur pratique dans le monde entier pour les décennies à venir.

Mais pourquoi en Écosse, et pourquoi spécifiquement à Edimbourg ? Il y a soixante-dix ans, Edimbourg a été érigée en tant que ville européenne du festival, de manière à ce qu’après six ans de conflit mondial sanglant, les arts soient rétablis comme moyen de compréhension pacifique et de coexistence. Le lieu a été inspiré par les Lumières écossaises, les droits de l’Homme et les valeurs qui y sont associées, mais aussi par la conscience de la nécessité d’un nouveau siècle des Lumières pour embrasser le monde postcolonial.

Le dix-huitième siècle n’a pas sonné la fin des Lumières écossaises, bien que ce malentendu soit répandu. En réalité, elles continuent jusqu’à nos jours. D’ailleurs, l’un des penseurs les plus créatifs des Lumières écossaises, Patrick Geddes, a vécu au début du XXe siècle. Il a été célébré au Festival d’art d’Edimbourg cet été en raison de son influence déterminante pour « Façonner l’Avenir ». Il a également inspiré le Festival et le Centre de narration.

Geddes était un écologiste avant l’heure, un activiste des arts populaires, un sociologue, un éducateur, un réformateur social et un urbaniste avant-gardiste. De plus, ses idées ont vu le jour dans le creuset de la Vieille Ville d’Édimbourg, alors en déclin, où il a réuni un groupe de personnes afin de réécrire l’avenir. C’est ce qui place indéniablement Geddes dans notre contemporanéité – notre potentiel à changer le discours.

Patrick Geddes a défié l’idée, encore très répandue, selon laquelle la vie est conduite par la concurrence et le conflit, la loi du plus fort. A l’inverse, il a souligné que la conscience humaine pouvait changer et évoluer, au-delà de l’héritage de l’évolution physique. L’humanité peut penser et ressentir différemment, et ainsi construire l’avenir. Pourtant, selon Geddes, un changement créatif ne peut survenir que si nous comprenons quelle est notre place dans le vaste univers de la vie.

L’influence de Patrick Geddes est perceptible dans le contenu et la vision de la Charte de la Terre. Néanmoins, le moment est venu d’efforcer nos consciences, de faire un véritable bond en avant, plutôt que de s’en tenir à un développement graduel. C’est là l’occasion que nous offre la crise actuelle de l’humanité : la possibilité d’un changement radical. Cependant, la menace d’un retour en arrière vers un conflit barbare existe. Qu’est-ce qu’un saut dans le temps impliquerait alors ?

Pour obtenir une réponse à nos interrogations, nous pourrions nous tourner vers John Berger, un conteur moderne qui a longuement et ardument médité sur la signification de l’art des histoires vivantes. Un an avant sa mort à 90 ans, Berger a décrit la narration comme étant avant tout un acte d’hospitalité. Une volonté de partager l’expérience et les émotions de quelqu’un d’autre. De les porter comme si elles étaient les vêtements de quelqu’un d’autre, et de sentir leur vie dans notre corps, notre esprit et notre cœur.

De tels actes d’empathie radicale peuvent-ils nous donner une piste de ce que doit être notre avenir commun ? Comme l’écrivait Berger des années auparavant, « pour essayer de comprendre l’expérience d’autrui, il est nécessaire de déconstruire le monde tel que vu à travers nos propres yeux, et de le réassembler d’après le regard de l’autre ». Ou, pour reprendre la formule qui a rendu Berger célèbre, nous pouvons cultiver « une autre façon de voir ».

Néanmoins, cela suppose un effort d’imagination, car en tant qu’êtres humains, nous avons hérité de manières de penser et de ressentir éloignées de cette vision des choses. Notre psychologie est par défaut déterminée par un « Nous et Eux » sous-jacent. Régulièrement, nous retombons dans une mentalité de groupe, d’insiders et d’outsiders. Même dans les pratiques routinières de la vie quotidienne, nous devons faire un effort pour inclure l’étranger, pour sortir de nos zones de confort habituelles.

Cependant, ces exclusions au niveau individuel sont aussi source d’oppression, d’injustice, de conflit et de violence à grande échelle. Lorsque la mentalité de groupe sous-jacente s’installe durablement du fait d’une pression sociale forte, nous sommes individuellement et collectivement capables d’une cruauté terrifiante, parce qu’« Eux » ne font plus partie du « Nous » humain. Un « Eux » déshumanisé devient objet d’indifférence, voire déchaîne la plus virulente des haines.

Les modes de communication modernes ont considérablement augmenté la capacité humaine d’aliéner et de haïr. L’absence de contact en chair et en os permet d’appeler, de dénigrer et de maltraiter les autres plus facilement. Peu à peu, cette habitude d’esprit corrompt et dégrade notre solidarité sociale.

Pourtant, grâce à la conscience de soi et à l’empathie, nous sommes en mesure de changer. Quand les personnes malmenées sont reconnues comme les personnages d’une histoire que nous partageons, il s’avère impossible de les déshumaniser comme s’ils étaient des extraterrestres. Ou, comme le dit le vieux proverbe, « une fois que j’ai entendu l’histoire de mon ennemi, il n’est plus mon ennemi ». Les réseaux sociaux ont également le pouvoir de connecter les gens. Si les Nord-Coréens pouvaient communiquer au-delà de leurs frontières, la bulle de peur dans laquelle ils sont forcés de vivre éclaterait.

En sautant par-dessus les barricades mentales de la division, nous utilisons l’imagination, mais aussi la raison, parce que nous sommes tous interdépendants, avec un foyer commun, la terre. Il n’y a pas de « solution finale » qui échappe au besoin de vivre ensemble. L’efficacité de la destruction et de la mort n’est que le fantasme d’un pouvoir mal orienté. En fin de compte, la sonnette d’alarme doit aussi être tirée pour notre propre bien.

Cependant, l’empathie radicale n’est pas déterminée par la raison ou l’imagination, mais par ses accomplissements émotionnels. Nous sommes avant tout des créatures d’émotion. Les sentiments générés par l’inclusion et le sentiment de camaraderie sont plus riches et satisfaisants qu’une mentalité de groupe dirigée par la peur et l’insécurité. L’émotion négative ronge le bien-être, non seulement de ses objets mais également de ses sujets. Ce qui est vrai sur le plan personnel s’applique également aux communautés, aux ethnies et aux nationalités. L’hostilité tue à petit feu, la haine est un poison absolu.

Qu’est-ce qui pourrait déclencher une prise de conscience ? Le poète et conteur Angus Peter Campbell vient de publier un ouvrage intitulé « Mémoire et paille » (Memory and Straw). Ce roman raconte l’histoire d’un jeune innovateur en intelligence artificielle, qui travaille à la conception de masques ayant des caractéristiques faciales humaines et destinés aux robots. À terme, ils remplaceront le personnel soignant qui s’occupe des personnes âgées et infirmes. Dans cette œuvre, Gavin parcourt son histoire familiale propre, que sa partenaire Emma ne partage pas. Alors qu’elle et Gavin regardent le Reichstag reconstruit à Berlin, elle lui dit :

Voilà ce à quoi devrait ressembler ton travail en réalité. Créer une histoire avec du verre et de l’acier, pas avec des souvenirs et de la paille. Tu dois faire face aux choses telles qu’elles sont, pas telles qu’elles ont pu être dans le passé.

En fait, la quête personnelle de Gavin a déjà dépassé son engagement pour l’innovation technologique, il a été pris en étau par la mémoire et la paille.

Angus Peter Campbell reconnaît que cette antithèse va encore plus loin. D’après lui, deux éléments doivent être pris en considération. Il pense que nous pouvons nous unir en tant qu’humains dans les deux domaines – le verre et l’acier ; la mémoire et la paille. Ce sont l’amour du moment présent, sa diversité, sa richesse et son unicité. Ou, comme le dit John Berger, il nous faut « tout tenir pour précieux ».

Réciproquement, pour permettre cette prise de conscience, nous devons parfois vivre au ralenti. Faire l’expérience de nous-mêmes en tant que quelque chose de réel et de présent, car c’est ainsi que nous expérimentons la vie de tout ce qui nous entoure comme signifiant et réel. L’empathie envers les autres et d’autres formes de vie nous aide à avoir une conscience au-delà de l’existant. Dans l’acte de narration, une communauté de conscience se crée. La conscience individuelle est prise dans le tourbillon de quelque chose de plus riche, de plus enrichissant, lorsque le « je » de l’expérience devient le « nous » de l’histoire partagée.

Certains, dans leur quête de sens, se tournent vers la religion. Quand nous, les êtres humains, que nous nous identifions ou non à une croyance religieuse, agissons comme si la vie avait un sens, nous créons ce sens et alors, nous en faisons partie. La narration est un art qui participe de la création de sens, à travers ce qui relie des événements disparates dans un même récit, les atomes dans une danse.

Les conteurs et les auditeurs partagent la quête de sens, à travers ce qu’ils mettent dans les espaces entre les mots. Ils sont co-créateurs et inventeurs. Par conséquent, nous pouvons certes soutenir les excellents principes et valeurs de la Charte de la Terre, mais c’est en les racontant et en les vivant que l’on pourra changer l’avenir. Angus Peter Campbell propulse cette vision, dans une métaphore musicale, adressée à la partenaire de Gavin, Emma, qui est compositrice.

Je parie que tu as regardé les notes et que tu t’es dit « Musique ! ». Mais tu aurais tort. Il n’y a pas de musique sur cette partition – juste des lignes, des points et des symboles. La musique n’advient pas tant que tu ne chantes pas à travers, autour et entre ces traces.

À l’approche du Festival international écossais de narration, la psychologie par défaut de l’humanité – « Eux et nous » – a montré son visage à l’échelle du monde, exposé une fois de plus à ses terribles conséquences. La folie destructrice de l’exploitation de telles émotions à des fins politiques horrifie. Nous demandons aux éléments non humains de la planète Terre d’attendre, de rester sur la ligne de touche, pendant que nous, les Hommes, engagés sur une route à voie unique, nous prêtons volontiers au jeu des démonstrations concurrentielles de puissance technologique, qui minent fatalement nos propres moyens d’existence. De telles illusions de contrôle se paient littéralement au « prix de la Terre ».

Pourtant, les graines d’un avenir différent sont déjà entre nos mains, nos esprits et nos cœurs. L’Assemblée mondiale a donné aux participants l’impression d’un événement transformateur. Une empathie radicale et une passion créative ont permis d’étendre la toile partagée de la vie ; de nous connecter pleinement avec les nombreuses richesses des modèles et des possibilités offerts par la nature. L’Assemblée a effectué les premiers pas, bien qu’encore timides, vers la formation d’un réseau mondial qui travaillerait avec la Charte de la Terre.

Avant tout, il y a eu de l’espoir et de la joie. Le futur est une histoire que nous pouvons écrire ensemble. Quand, sinon maintenant ?

Donald Smith est directeur du Festival international écossais de narration 2017, « Mot ouvert-Monde ouvert ». « Memory and Straw », d’Angus Peter Campbell, a été publié en août 2017 par Luath Publishing.

*Amandine Pieux est étudiante au sein du master Human Rights & Humanitarian Action de Sciences Po Paris. Elle est actuellement en stage au Centre de la Charte de la Terre pour l’Éducation au Développement Durable.

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La Charte de la Terre présente lors d’une rencontre internationale de conteurs à Edimbourg

Global Gathering of StoryTellers in EdinburgDu 25 au 27 octobre, une Assemblée mondiale extraordinaire des conteurs s’est tenue à Edimbourg, dans le cadre du 70ème Festival international écossais de narration 2017. L’événement, « Si pas maintenant, quand ? », a offert aux participants un espace pour réfléchir à « quel rôle les conteurs ont au XXIème siècle et comment ils peuvent contribuer à la Charte de la Terre ».

Le Festival glorifie la narration orale en direct, dans le passé, au présent et pour l’avenir. Cet événement exceptionnel, rempli de partage et d’apprentissage interculturel, visait entre autres à promouvoir un réseau de conteurs activistes.

Mirian Vilela, Directrice exécutive de la CTI, a pris part à cet événement pour présenter la Charte de la Terre, et inviter les participants à se joindre au mouvement de la Charte de la Terre et à mettre en lien le message central articulé dans la Charte de la Terre et les histoires qu’ils partagent.

Mirian Vilela PresentacionElle a souligné l’importance de créer un nouveau récit mondial de la vie sur notre planète commune, et le rôle primordial des histoires pour faire changer les mentalités.

Grian A. Cutanda, du Projet Avalon et de l’Université de Grenade, a présenté un résumé de sa recherche doctorale sur la narration traditionnelle et la Charte de la Terre. Cutanda continue de travailler sur un projet visant à recueillir des histoires traditionnelles issues de diverses cultures, qui peuvent être reliées aux principes de la Charte de la Terre, et invite des conteurs du monde entier à s’impliquer. Plus d’informations sur sa recherche via le lien suivant.

IMG_0968A cette occasion, l’Assemblée mondiale des conteurs a pleinement adopté la Charte de la Terre et a exprimé sa volonté de contribuer au processus de mise en relation de la Charte de la Terre avec leur travail et leur pratique de la narration en direct. Les conteurs travailleront en collaboration, notamment pour identifier et recueillir des histoires traditionnelles qui mettent en lumière chacun des principes de la Charte de la Terre.

De plus, l’Assemblée a souhaité poser la première pierre, en vue de constituer un réseau international de conteurs engagés dans la Charte de la Terre. Le Festival international écossais de narration, en tant qu’hôte de l’Assemblée mondiale, a accepté de contribuer aux premières étapes de cette initiative, en consultation avec le Secrétariat de la Charte de la Terre.

L’événement était organisé par Donald Smith, directeur du Festival international IMG_0942écossais de narration et du Centre écossais de narration. Cliquez ici pour lire l’article de M. Smith à ce sujet.

Cliquez ici pour consulter le programme de l’événement

Cliquez ici pour accéder au site web du Centre écossais de narration

Cliquez ici pour visiter le site web Arts Traditionnels et Culture Ecosse (TRACS)

 

 

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Renforcement des capacités en matière de politiques d’éducation au développement durable

La phase finale du Cours Bimodal sur la Formulation et la Conception de Politiques Publiques pour l’Éducation au Développement Durable (EDD) a eu lieu du 12 au 14 septembre 2017. Nous avons planifié et mis en œuvre ce cours singulier en collaboration avec le Bureau de l’UNESCO San José et avec le soutien des Fonds Japonais pour l’EDD. L’objectif était de : « Renforcer les capacités des décideurs publics et du personnel clé dans les ministères de l’Éducation et de l’Environnement d’Amérique centrale et de République Dominicaine pour l’élaboration et la gestion de politiques d’éducation au développement durable ». Cet effort est à mettre en relation avec la priorité 1 du Programme d’action mondial de l’UNESCO en EDD.

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Ce cours a duré trois mois (de juin à septembre), et disposait de modalités présentielles et virtuelles. Le cours a commencé sous forme présentielle avec des séances intensives pendant trois jours, organisées dans les locaux du Centre de la Charte de la Terre pour l’EDD à l’Université pour la paix, au Costa Rica. Il s’est poursuivi par une phase virtuelle qui a duré sept semaines, et au cours de laquelle les participants ont pu approfondir les thématiques abordées pendant la phase présentielle initiale. Le cours s’est terminé par une rencontre en personne, qui s’est également tenue au Centre CT-EDD au Costa Rica, durant laquelle les participants ont pu présenter leurs projets finaux et identifier certaines actions qui permettraient de donner un réel suivi à ce cours.

Dans leur évaluation du cours, les participants ont mentionné une expérience transformatrice, qui les a aidés à changer leur regard sur le type d’éducation que chaque pays de la région du Système d’intégration centraméricain (SICA) devrait promouvoir. Pour leurs projets finaux, les participants ont élaboré une proposition de politique publique d’EDD, et un plan d’action pour la conception de cette politique dans leurs pays. Ces propositions sont un exercice dont nous attendons qu’il engendre des processus de changement dans leurs ministères, où des actions doivent être promues en vue de diffuser la vision de l’EDD dans les systèmes éducatifs.

Participante Curso Politicas Publicas Educacion Desarrollo Sostenible

Le Centre de la Charte de la Terre pour l’EDD s’est réjoui de pouvoir participer à ce processus afin de permettre aux participants de mieux comprendre ce que sont la durabilité, l’EDD et le processus d’élaboration de politiques publiques en EDD. Certains participants ont souligné qu’à leurs yeux, cette expérience a provoqué un « changement de regard » sur, ou un « coup de coeur » pour, la durabilité. Les participants sont, dans leur grande majorité, des responsables et fonctionnaires des ministères de l’Éducation, et ont, à ce titre, le potentiel d’influencer l’élaboration de politiques publiques en matière d’éducation, aussi bien en promouvant des changements dans les programmes nationaux qu’en élaborant des programmes pour des centres éducatifs durables et en développant la formation des enseignants. Nous espérons continuer à soutenir le processus d’habilitation de ces participants, afin qu’ils puissent être des agents du changement dans leurs institutions.

Curso UNESCO Carta de la Tierra Politicas Educacion Desarrollo Sostenible

 

Logo UNESCO Japan

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Une émission de radio espagnole parle de la Charte de la Terre

Emisión Cero (‘’Émission Zéro’’), diffusée en Espagne par Radio Internacional, est le seul programme en langue espagnole consacré à la durabilité. Il évoque régulièrement la Charte de la Terre dans ses transmissions. Le directeur de l’émission, Ricardo Fraguas Poole, partage avec nous son expérience et son ressenti au moment d’insuffler les valeurs et principes de la Charte de la Terre à l’antenne.

LA CHARTE DE LA TERRE ET « IMAGINE » DE LENNON FUSIONNENT DANS ‘’EMISSION ZÉRO’’, SUR RADIO INTERNACIONAL EN ESPAGNE

 Par: Ricardo Fraguas Poole, Directeur Émission Zéro

EMISIÓN CERO RADIO INTERNACIONAL DE ESPAÑAChers amies et amis de la Charte de la Terre,

Cela suscite en nous émotion, fierté et satisfaction, que de pouvoir partager avec vous tous le message de la Charte de la Terre, notre Credo quotidien dans ÉMISSION ZÉRO, le programme espagnol de Radio Internacional dédié à l’information et à la promotion de la soutenabilité.

Pour nous, il n’y a pas de meilleure façon de commencer notre émission, que de réaffirmer les volontés et intentions définies et exprimées dans le préambule de la Charte.

« Nous sommes une seule et même famille humaine, avec un destin commun ». « Nous vivons des moments privilégiés, dont celui de pouvoir gouverner avec raison notre présent et notre avenir ». ‘’Respect et défense de la nature, droits de l’homme universels, justice économique et culture de paix’’.

C’est avec une émotion intense que, chaque jour, à maintes reprises, je prononce publiquement ces mots, qui donnent tout son sens à notre existence.

Je fais cela pour que chacun d’entre nous ait en tête et assume le privilège que cela représente que de pouvoir exercer l’acte authentique et sincère d’une responsabilité généreuse, de prendre soin les uns des autres et de préserver l’environnement naturel qui nous donne la vie.

Nous fusionnons dans chaque programme de ‘’EMISSION ZÉRO’’, que je vous invite, s’il vous plaît, à faire vôtre, le sentiment et les valeurs de la Charte de la Terre, et le poème et chanson de John Lennon, ‘’Imagine’’, avec l’assurance que maintenant que vous lisez ces mots, nous confirmons que oui, nous sommes des rêveurs. Nous croyons et nous savons que nous pouvons être les artisans d’un monde meilleur, qui accueille toujours plus d’individus. Que nous ne sommes pas seuls à endosser cette tâche. Que nous sommes en marche. Que nous sommes chaque jour un peu plus, et que nous sommes en train d’y arriver.

EQUIPO DE EMISIÓN CERO1Je suis également heureux de pouvoir partager avec vous tous notre premier anniversaire

en tant que seul programme en espagnol dédié, comme je l’ai dit, à l’information et à la promotion de la soutenabilité, avec la reconnaissance de notre public sur les cinq continents, à travers des appareils connectés à Internet en direct et en version Podcast, mais aussi à l’antenne dans les stations radio associées au Mexique, en Argentine, au Chili, en Colombie, en Équateur, aux États-Unis et en Espagne.

A travers de ‘’EMISSION ZÉRO’’, nous encourageons la décarbonisation de l’industrie et des transports et soutenons les actions et initiatives des Nations Unies pour le développement durable, ainsi que des mouvements tels que celui du désinvestissement, porté par nos camarades du groupe médiatique The Guardian et Bill Mckibben.

Accédez ici à l’écoute et au téléchargement de tous les programmes émis, à partir du mois d’octobre 2016 où nous avons commencé la diffusion, jusqu’à ce jour : http://www.radiointernacional.es/programas/emision-cero/

Nous espérons et souhaitons que, tous ceux qui promouvez et défendez la Charte de la Terre, puissiez participer à notre émission avec vos informations et actions. De notre côté, nous continuons à profiter un maximum de notre activité d’information et de vulgarisation auprès du grand public de la durabilité dans laquelle nous croyons.

Félicitations pour votre travail.

-Ricardo Fraguas Poole, directeur de Émission Zéro

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La ville de Victoria au Canada approuve la Charte de la Terre

Par: Amis de la Charte de la Terre du Canada

Victoria Endorsement 1La Ville de Victoria, en Colombie-Britannique, Canada, a avalisé la Charte de la Terre.

Son approbation est le fruit d’un processus démocratique, ainsi que de la collaboration entre le comité Faith in Action et les conseillers municipaux de Victoria, avec un solide soutien de la part de la communauté. Le processus a duré plusieurs mois. Il constitue un exemple inspirant de ce qui peut déboucher de la réunion et de la décision d’agir, même d’un petit groupe de personnes.

Le Comité Faith in Action a organisé des Victoria Endorsement 2campagnes de sensibilisation et d’appui à la Charte de la Terre. Une séance d’information avec Elizabeth May et Gerben van Straaten, affilié à la Charte de la Terre internationale, a présenté la Charte de la Terre à la communauté locale et a exploré différentes manières de la mettre en œuvre dans les villes.

Une pétition a été diffusée pour demander aux gouvernements locaux de soutenir et diffuser les principes fondamentaux de la Charte de la Terre : 1) Respect et protection de la communauté de la vie; (2) Intégrité écologique; (3) Justice sociale et économique; et 4) Démocratie, non-violence et paix.

Le comité a ensuite présenté la pétition au maire et aux conseillers, et a sollicité son approbation.

Victoria Endorsement 3La ville a naturellement donné son accord, et a même apporté son soutien à deux conseillers qui ont décidé de travailler avec l’organisation Faith in Action tout au long de la poursuite du processus démocratique.

De par cette approbation, la ville de Victoria ajoute son nom à la longue liste de villes, communautés et organisations du monde entier qui se sont engagées auprès de la Charte de la Terre et soutiennent l’esprit et les objectifs qui sont les siens.

Cliquez ici pour lire la lettre d’approbation officielle de la ville de Victoria, Colombie-Britannique, Canada.

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Cours de la Charte de la Terre sur l’éducation et les valeurs aux Pays-Bas

Netherlands photo 1La Charte de la Terre aux Pays-Bas, en collaboration avec le centre de recherche NIVOZ (Institut néerlandais pour les questions d’éducation), a organisé un cours de la Charte de la Terre les 29 et 30 mai, dispensé par Sam Crowell, professeur au Centre d’Education de la Charte de la Terre.

Le NIVOZ revendique, depuis plusieurs années, des besoins spécifiques des enfants dans l’éducation et met en évidence les conséquences de ces besoins pour les enseignants qui les éduquent. Le NIVOZ et la Charte de la Terre aux Pays-Bas sont très satisfaits, et reconnaissants envers Sam Crowell pour avoir dispensé ce cours de deux jours. Crowell a également donné une conférence sur l’éducation et a pris part à un dialogue avec les membres du personnel du NIVOZ.

15 personnes ont assisté au cours magistral, et ont ainsi pu participer à un dialogue sur les raisons d’une éducation basée sur le concept d’enseignement émergent; thème central d’une œuvre littéraire dont le professeur Crowell est l’auteur.

Les impératifs sociaux et écologiques de notre temps, ainsi que les valeurs de la Charte de la Terre, ont été intégrés dans les discussions en classe, ce qui a conduit à des questionnements académiques tels que : « Quel type de personne voudrais-je devenir?’’ et Dans quel genre de monde voudrais-je vivre?’’

L’une des personnes participant au cours a précisé : « Sam Course photo 2Crowell m’a rappelé le véritable but de l’éducation. Il nous a fait comprendre qu’à travers l’éducation, il est possible d’anticiper certaines choses, mais que la personnalité unique de chaque élève et la nature particulière de chaque classe est loin d’être prévisible. Si on donne à ces moments l’espace suffisant pour qu’ils se développent, les résultats sont généralement transformateurs (…) »

Ce cours a été dispensé pour la première fois aux Pays-Bas en octobre 2014; cependant, le professeur Crowell a co-animé cet enseignement avec la directrice exécutive de la Charte de la Terre, Mirian Vilela, dès l’inauguration du Centre de la Charte de la Terre pour l’Éducation au Développement Durable, à l’Université pour la Paix, au Costa Rica, en 2013.

Le cours intitulé ‘’Éducation, éthique et valeurs pour la durabilité : l’enseignement et l’apprentissage transformateur avec la Charte de la Terre’’ sera à nouveau dispensé au Centre de la Charte de la Terre pour l’EDD, au Costa Rica, en juillet 2018.

Cliquez ici pour plus d’informations (disponible exclusivement en anglais).

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